Qui étaient ces jeunes et quel a été leur devenir ?

QUI ÉTAIENT CES JEUNES ET QUEL A ÉTÉ LEUR DEVENIR ?

Charles BOIZARD dit CHOMINO musée de la Résistance Cahors
Charles BOIZARD est né le 22/09/1922 à Fumel Lot-et-Garonne.
Le père de Charles, Gabriel Émile Elie BOIZARD est né à FALLERON en Vendée.
Sa mère, Yvonne JOUFFREAU est née à FUMEL.

Charles dit "CHOMINO" lieutenant dans la Résistance.


Charles BOIZARD est un élève brillant à l'école, il obtient son Certificat d'Études comme premier du canton. Il entre au Cours Complémentaire de FUMEL et poursuit brillamment ses études. A 16 ans, il passe et réussit le concours pour l'École Normale de CAHORS. En 1938 il intègre l'École Normale comme interne.

Puis la guerre survient, le régime de Vichy s'installe, les normaliens doivent chercher un hébergement dans CAHORS. La voisine de madame BOIZARD, la maman de Charles est madame CANTEGREL qui est directrice de l'école maternelle. Elle donne l'adresse à Cahors, de sa sœur qui pourra héberger Charles. Cette personne est madame CHAPOU, la mère du futur maquisard.

Charles vient exercer un an à COUVERT, puis 2 mois à MAUROUX. Il doit aller aux Chantiers de Jeunesse, il s'y rend. Puis il est appelé au S.T.O. Après mûre réflexion, il décide de rejoindre le maquis en juillet 1943. Son premier lieu d'hébergement sera une ferme qui sert d'infirmerie au maquis de CHAPOU. Ce dernier est un professeur révoqué par le régime de Vichy car il était Franc Maçon, il a formé son propre groupe d'une vingtaine de jeunes. CHAPOU reconnaît Charles et lui propose de prendre le commandement d'un groupe. Charles accepte et part avec ses hommes. En février 1944, CHOMINO est commissaire aux effectifs.

Une opération demandée au groupe "France" était de faire diversion à CAJARC, malheureusement la Milice et les GMR sont arrivés, les maquisards ont été encerclés. Le groupe n'a pas reçu l'ordre de repli, ils ont donc voulu tenir leur position, puis ils ont eu un blessé et ont décidé de se replier. Charles a pris le blessé sur son dos et l'a caché dans une grange. Les Allemands ont suivi les traces de sang laissées par le blessé sur le sol. L'endroit était un cul de sac. Les copains de Charles se sont cachés. Le paysan de la ferme n'a pas dénoncé les maquis. Les Allemands ont tout pillé dans la ferme, tout le ravitaillement dans la cuisine, le cochon…. puis ils ont repéré un vêtement dans les bois et ont arrêté Charles et son copain. Le blessé a été sauvé.

Les maquisards arrêtés ont été emmenés à la Gestapo à Cahors. Les copains voulaient aller les libérer mais les Allemands les ont été transférés à la prison Saint-Michel à Toulouse. Ils sont passés devant un tribunal militaire qui les a condamnés à mort, le lendemain ils étaient fusillés. Les corps ont été enterrés dans un charnier à BORDELONGUE dans une ferme. Les voisins avaient entendu du bruit, ils l'ont signalé, en septembre 1944, dans cette fosse ont été découverts les corps de 27 hommes.

Quand il a su qu'il allait être exécuté, Charles a écrit deux lettres, l'une à ses parents, l'autre à son frère, Jean plus jeune, ces lettres il les a confiées peut-être à un aumônier de la prison ? Ces lettres ont été postées et la famille les a reçues, apprenant ainsi la mort de leur fils. Charles avait mis son vrai nom dans la poche de son veston, son corps a pu être reconnu dans le charnier, les parents ont pu lui donner une sépulture décente.

DEJOUY Georges est né le 21/11/1924 au Tiple de CONDAT, son père Jean DEJOUY est né à Fumel, il est cultivateur. La mère Maria Élise COUTRIX est née à Fumel. Georges est décédé en avril 1945 à Lubeck en Allemagne. Le jugement Mort pour la France a été émis le 15/10/1959 et transcrit à la mairie de Fumel le 12/11/1959.


Dans le livre "Histoires tragiques du maquis" paru en 2011, Pierre LOUTY transcrit, page 574, une lettre du 07/09/1983, adressée aux parents de Georges DEJOUY, Paul DESORT ex-lieutenant F.F.I. "Tom" raconte :

"En mai 1944, je commandais un groupe d'instruction de jeunes maquisards stationné en plein bois au lieu FOUVERGNES, à quelques kilomètres au sud est de l'agglomération de SAINT-POMPON en Dordogne. Le jeune volontaire DEJOUY Georges fut affecté à mon groupe où je le chargeai de la conduite et de l'entretien d'un véhicule militaire... Quelques jours après son arrivée, j'avais à me rendre à SIORAC où je devais prendre deux jeunes volontaires qui m'étaient affectés. J'étais averti d'un mouvement de la division allemande DAS REICH, ... mouvement ayant pour but le ratissage de la zone FUMEL - VILLEFRANCHE du Périgord - CAZALS mais j'estimais partir sans trop de risques... Nous partîmes le 26 mai vers 6 heures du matin. Georges DEJOUY chauffeur de la camionnette à gazogène, un aviateur canadien, Léa et moi-même. A l'entrée du Got, nous vîmes devant nous un groupe de véhicules allemands et un rassemblement de soldats. Le passage étant impossible, je donnai au chauffeur l'ordre d'obliquer à gauche à travers un chantier de scierie et de stopper au bout du chantier, à l'entrée de la forêt, pensant nous mettre à l'abri. Nous n'en eûmes pas le temps... Les Allemands étaient sur nous, exigeant nos papiers, en étant démunis, nous fûmes contraints de monter dans une voiture allemande."

Paul DESORT parvient à s'enfuir alors qu'ils sont enfermés dans une maison de FRAYSSINET le Gélat. Il poursuit
.: "Je n'ai jamais su ce qu'il était advenu de mes compagnons, sauf le témoignage, que je peux certifier digne de foi de monsieur Édouard LACOMBE de Sauveterre-la-Lémance qui a vu Georges DEJOUY sur le chemin de la déportation."

DUFOUR Christian est né le 01 avril 1923 à Saint-CYPRIEN en Dordogne. Le père Jules Aristide Eugène est journalier, il a 30 ans, la mère MARTY Antoinette est sans profession, elle est âgée de 31 ans.
Christian est décédé le 11/03/1945 à AIGREFEUILLE d'Aunis dans les CHARENTES.

FERNANDEZ Jean-Baptiste est né le 14/02/1915 à MALLAPARDA de P. en Espagne.
Jean Baptiste appartenait au 27ème groupe de reconnaissance divisionnaire d'Infanterie. Il est décédé le 23/05/1940 à l'hôpital de ROUEN d'une plaie à l'abdomen.

ARDAILLOU-FILHOL Marguerite est née le 22/05/1904 à FUMEL. Ses parents avaient un magasin de chaussures à Fumel. Elle épouse René FILHOL, instituteur communiste. Mobilisé en 1940 puis démobilisé, il reprend son métier mais il est révoqué par le préfet pour ses idées. Il est dirigeant du FRONT National à AGEN. Marguerite participe également aux activités des groupes Libération et Combat. En octobre 1942, René FILHOL est arrêté, sa femme revient à FUMEL chez ses parents avec ses enfants. Malgré le danger et les menaces, elle poursuit ses activités.
En mai 1943, elle est arrêtée à FUMEL, conduite successivement : à la caserne LACUEE à Saint-Michel à Toulouse, à Compiègne avant d'être déportée le 04 juillet 1944 dans les camps en Allemagne, elle passe par RAVENSBRUCK et meurt le 03 avril 1945 à NEUBRANDENBURG. Son nom a été donné au lycée de FUMEL.

JULIEN Félix est né le 22/05/1922 à FUMEL.
Il s'engage dans la Marine. Il était à MERS-el-KEBIR quand la flotte anglaise a bombardé la marine française. Félix est mort noyé. Il a été reconnu Mort pour la France le 29/05/1941.

LANSAC Adrien est né le 23/08/1917 à FUMEL. Le père Elie LANSAC est manœuvre à l'usine, âgé de 44 ans. La mère Adrienne LACOUR a 33 ans.
Adrien est décédé le 26/03/1943 à LINZ en Autriche, il a été reconnu Mort pour la France le 28/01/1947.

MATA André Roger est né le 17/04/1914 à FUMEL. Le Père Antonio MATA est fondeur à l'usine, il a 41 ans, la mère Pridence CASEUJUELA a 45 ans.
André est mort le 11/06/1940 à COMPIÈGNE sous les bombardements italiens sur la ville.

PUYANÉ Charles Louis Raoul est né le 12/05/1924 à MAUVEZIN dans le Gers. Le père PUYANÉ Ramon est âgé de 41 ans, il est cultivateur. La mère PALACIN Marie Dolorès 38 ans est ménagère.
Charles était dans le maquis, combattant volontaire avec monsieur Roger NOUVEL le père de l'architecte, au sein du Corps Franc Pommiès. Ils combattaient contre une colonne allemande qui occupait AUTUN. Charles a été tué dans les combats le 18/09/1944.

REDOULES Guy Marcel est né le 16/09/1911 à TRENTELS. Le père REDOULES Jean est tailleur d'habits il a 29 ans et habite à Penne. La mère FOULOU Andrée Marguerite est tailleuse de robes elle a 25 ans.
Guy appartenait au groupe GEOFFROY de Fumel. Lors de ses obsèques, dans son discours le lieutenant GUITARD évoque : "Il fut l'homme de la première heure. Sans répit, il travailla à la formation de notre groupe et fut une cheville ouvrière de l'unité telle qu'elle s'est constituée. Il est mort en accomplissant une mission de reconnaissance près du village de LASPEYRE. Blessé deux fois, la seconde balle le terrasse. C'était un français, un vrai, un de ceux qui placent, au-dessus de tout, leur Patrie."

ROUSSILLES Jean-Louis est né le 05/03/1922 à FUMEL. Le père Lucien est cultivateur et a 31 ans, la mère Marie BEZARD est âgée de 40 ans, sans profession.
Jean-Louis est décédé le 14/03/1945 au camp de ROTENBURG en Allemagne.

TROUGNAC Robert Gérard est né le 19/05/1914 à FUMEL. Le père Armant Marius TROUGNAC est un maçon âgé de 43 ans. La mère Marie SEGUY a 38 ans.
Robert est décédé le 02/01/1942 de maladie dans un lieu indéfini, il était militaire.

VALADIÉ Marcel est né le 05/09/1922 à FUMEL, le père Marius Pierre a 28 ans il est cultivateur, la mère Adrienne DECAZEAUX a 20 ans, elle est aussi cultivatrice.
Marcel est engagé volontaire en 1939, il rejoint l'Armée Secrète lors de la signature de l'Armistice. Il est agent de liaison en Haute-Savoie dans la région de CLUZES. Le 31 décembre 1943 il est arrêté suite à une dénonciation, emmené comme prisonnier au Fort de MONTLUC à LYON, torturé, il répétera son nom de guerre "je m'appelle Darly BOISIGUY, je suis citoyen belge". Il ne parlera pas. Le 12 juin 1944, il sera fusillé avec 21 camarades à NEUVILLE sur SAÔNE, âgé de 22 ans. Il sera reconnu Mort pour la France le 22/01/1946.